Programme d'Appui au Secteur de la Justice

Volet Justice Volet Corps de Contrôle

Vous êtes actuellement sur le Volet Justice

Le mot du régisseur

REGISSEURLa perception qu’ont les justiciables de la justice détermine le degré de leur confiance à son égard, ou de leur défiance vis-à-vis d’elle. Dans le contexte particulier du Togo, le constat est clair: la perception des justiciables de la justice est négative. Elle est même sombre, c’est indéniable. C’est parce qu’étant pleinement conscientes de cette problématique que les plus hautes autorités togolaises ont entrepris depuis 2005 des réformes du secteur de la justice pour instaurer une relation de confiance entre l’institution judiciaire et le peuple. Des efforts louables sont faits. Que l’on songe au Programme National de Modernisation de la Justice (PNMJ) ou au Projet d’Appui à Réforme de la Justice et à la Promotion des Droits de l’Homme (PAJDH). Il y a eu, certes, des acquis ; il y a aussi des défis à relever. Mais surtout, il y a des perspectives pour l’avenir de notre justice.

 

Le Programme d’Appui au Secteur de la Justice (PASJ) s’inscrit, à n’en point douter, dans ces perspectives porteuses d’espoir pour une justice juste, plus humaine, toujours au plus près de ceux pour qui elle est rendue. C’est pourquoi dans sa conception même, il a fallu innover. Le PASJ n’est pas un « programme prêt-à-porter » que l’on viendrait implémenter au Togo. Il est une réponse à une demande forte, une expression forte des besoins aussi bien des acteurs judiciaires que des justiciables eux-mêmes. En un mot, le PASJ est conçu et élaboré par nous-mêmes avec le soutien technique et financier de l’Union Européenne.

 

Le véritable problème que le PASJ entend résoudre est cette crise de confiance entre la justice et le citoyen togolais. Qu’on en juge donc par les trois résultats que le programme veut atteindre : i) le renforcement du cadre de pilotage du secteur de la justice, ii) l’amélioration de l’accès au droit et au service public de la justice, iii) la lutte contre l’enrichissement illicite et la corruption. Qu’on en juge aussi par les activités à mener ; entre autres : l’informatisation des chaînes judiciaires et le casier judiciaire national, la gestion axée sur les résultats, l’appui à l’aide juridictionnelle, l’amélioration du cadre de vie des prisonniers, la formation des acteurs judiciaires, le contrôle juridictionnel de l’action administrative…, soit un ensemble d’activités dont la réalisation concourt à l’atteinte de ces objectifs. On se rendra à l’évidence que les préoccupations des acteurs judiciaires et des justiciables sont dûment prises en compte et sont au cœur des priorités de ce programme.

 
L’Unité de gestion du programme (UGP) a la charge de la coordination de la mise en œuvre de ces activités avec l’appui de l’Assistance technique internationale (ATI). L’UGP et l’ATI forment une équipe compétente, déterminée et hyper motivée.

 
La démarche participative et inclusive avec toutes les structures et tous bénéficiaires concernés aux fins d’appropriation du programme reste notre crédo. Une stratégie de communication est d’ores et déjà peaufinée pour une parfaite exécution du programme.
Nous sommes conscients qu’il y aura des difficultés, des embûches. C’est normal dans la gestion d’un programme ou d’un projet. Mais ce dont nous sommes sûrs, c’est qu’en toute situation, en toute circonstance, nous proposerons toujours des solutions idoines, fruits de réflexion féconde, pour continuer l’action. C’est de notre capacité à manager aussi bien des hommes que des projets. Notre responsabilité est donc de mener à bien ce programme.
Rendre la justice est un sacerdoce; c’est vrai. Critiquer la justice est un fait quotidien de la société; c’est aussi vrai. Dire que nulle part au monde la justice des hommes n’atteint l’idéal souhaité par les justiciables ; c’est également vrai. Pour autant, peut-on s’en passer de la justice des hommes? Nous ne le pensons pas. Ce n’est ni envisageable ni souhaitable. Ce n’est tout simplement pas possible, car la régulation sociale en dépend. Entre ces deux extrêmes, il y a un équilibre à rechercher, car après tout, « les extrêmes s’attirent ». Ceux qui ont en charge de rendre la justice dans la société doivent constamment se rappeler qu’ils exercent un attribut de Dieu. De ce fait et de ce fait seulement, les juges, à défaut d’être parfaits, se doivent d’être justes. C’est ce qu’attendent ceux sur qui, ou mieux, ceux au nom de qui la justice est rendue. C’est là l’équilibre à rechercher. Ce sera probablement là aussi la réconciliation entre la justice et le justiciable togolais.
Qu’à cela ne tienne, le PASJ s’est donné les moyens de sa parfaite mise en œuvre pour cette réconciliation attendue. Et une chose est sûre : l’exécution de ce programme contribuera, à n’en point douter, à poser les bases, la fondation solide pour l’édification d’une justice du renouveau, juste, célère, efficace et accessible à tous que le peuple togolais appelle de tous ses vœux.
Je voudrais, pour terminer mon propos, adresser ma gratitude au Garde des Sceaux, Ministre de la Justice pour la confiance placée en ma personne pour coordonner ce programme. Mes vifs remerciements au Chef de la Délégation de l’Union Européenne et toute son équipe pour leur investissement personnel dans ce programme.

 
Moustafa IDRISSOU BIYAO KOLOU
Régisseur du Programme d’Appui au Secteur de la Justice
Volet Justice